retour Accueil La vie d'Henry de Monfreid

Villa Amélie © Lucien V.

Maison natale d'Henry de Monfreid : la Villa Amélie © Lucien V.

Henry de Monfreid est né sur les bords de la Méditerranée, le 14 novembre 1879, dans une propriété isolée du cap Leucate, à La Franqui, et appartenant à la famille de sa mère “ Amélie ”. Il est le fils de Daniel de Monfreid, un peintre ami de Paul Gauguin, qui côtoie des artistes talentueux comme Aristide Maillol, Degas, Matisse. Il passera son enfance à La Franqui avant de rejoindre ses parents à Paris. Il reviendra souvent dans son pays natal.
A la mort de sa mère, il échoue au concours d'entrée à Polytechnique et rompt avec sa famille. Il dilapide l'héritage de sa mère et s'essaye aux métiers de courtier, de chimiste, de laitier en gros. Il entre chez MAGGI (Société Laitière Maggi) où il occupera diverses tâches. Il commencera comme contrôleur de la qualité du lait ; il sera chargé ensuite de trouver des sites pour l'installation de nouvelles laiteries ; il finira producteur de beurre. Dans ce dernier emploi, il atteint des rendements supérieurs à la normale en ajoutant du lait de coco au lait de vache. Lorsque la fraude sera découverte, il quittera la SLM pour s'installer à son compte à la Laiterie de Trois-Moulins. De mauvaises affaires, dues aux inondations de 1910 et à une fièvre contractée après avoir bu du lait de chèvre, le font retourner chez son père à Saint-Clément (Pyrénées Orientales). Il passera un an en fièvre et en convalescence pour cette fièvre de Malte. Il raconte toute cette enfance dans une série de 10 livres : “ L'Envers de l'Aventure ”.
Attiré par le goût de l'aventure, il s'embarque en 1912 pour l'Ethiopie, sur les rives de la Mer Rouge, où il mènera une vie très mouvementée, sur terre comme sur mer. A bord de son bâtiment, l'Altaïr, il commence à explorer les rivages de la mer Rouge où il deviendra, au gré de la fortune, pêcheur de perles, transporteur d'armes, contrebandier de tabac et de hachisch. Intelligent, cultivé, malin, mais aussi humble, il s'est intégré aux autochtones et s'est même converti à l'Islam. Cela lui a permis de vivre dangereusement dans un milieu hostile : la Corne de l'Afrique.
Lors de la première guerre mondiale, qui ruine ses entreprises, il fait de l'espionnage contre les Turcs, au service de la France. La paix revenue, il rencontre Joseph Kessel. Sur ses conseils, il entreprend le récit de ses aventures. En 1932, il publie son premier roman “ Les secrets de la mer Rouge ” qui devient un succès de librairie.
Sa notoriété est telle qu'elle inspire à Hergé une des aventures de TINTIN, “ Les cigares du pharaon ” dans laquelle il joue son propre rôle de capitaine de boutre, trafiquant d'armes.

Portrait ; dessin dans Tintin

Son séjour préféré, l'Ethiopie, lui est interdit en 1932 après une brouille avec le négus. Il y revient en 1936 avec l'armée italienne. Lorsque, au cours de la seconde guerre mondiale l'Ethiopie est libérée, il est jeté en prison par les Anglais. Echappant de justesse à la condamnation à mort, il gagne alors le Kenya avec sa seconde épouse.
En 1948, il revient en France et s'installe dans sa propriété d'Ingrandes, petit village au coeur de l'Indre. Agé de 69 ans, ce pirate des temps modernes ne manque pas de surprendre la population locale et certains se souviennent de son arrivée, coiffé d'un turban, vêtu d'un pagne, chaussé de sandales et fumant de l'opium. Il aime à revenir aussi à La Franqui où il a fait construire une maison face à la mer. Il mourut à 95 ans après avoir écrit plus de 70 livres et nouvelles.

Henry de Monfreid a fait plus que raconter ses propres aventures ; il a su conter et raconter, dans la grande tradition orale arabe. Un musée lui est dédié à Ingrandes dans l'Indre.

Chronologie de sa vie (site officiel par ses descendants)

Consulter la notice du musée (pdf) : dépliant 2008 (ou tryptique à imprimer)

On parle assez peu du passage d'Henry de Monfreid à Trois-Moulins, la seule chose qu'on lit généralement c'est qu'il “ achète une ferme près de Melun ” ; ce texte est d'ailleurs de lui : ce n'est pas une ferme mais un ancien moulin ; il ne l'achète pas mais il achète le fond de commerce ; les gens confondent souvent une expérience d'élevage de poulets antérieur de quelques années avec ce séjour d'un an, laitier, à Melun. Pourtant cette période d'un an est un moment important, une charnière, mais aussi un échec personnel sur plusieurs points, pas très glorieux : c'est sa dernière période d'entrepreneur en France, c'est un échec professionnel ; c'est pendant les inondations qu'il rencontre, à l'atelier parisien de son père, Armgart qui deviendra sa femme quelques années plus tard ; c'est à ce moment là qu'il quitte définitivement son ancienne compagne Lucie en partant avec ses 2 fils (Lucien et Marcel) ; c'est là aussi qu'il contracte la “ Fièvre de Malte ”. En partant de Trois-Moulins, il rompt avec beaucoup de choses pour se retrouver avec son père, avant de démarrer sa “ Vie d'Aventure ”.
Toutes ces explications sont données par Henry lui même dans ses ouvrages.
D'après Guillaume de Monfreid, le petit fils d'Henry, Lucie serait morte dans un accident de voiture en 1911.
Lucien, fils adoptif d'henry, meurt d'un accident de bateau en 1920.
De Monfreid n'est jamais revenu à la laiterie ; il est venu à Melun, dans les années 60, à l'époque où il parcourait la France pour donner des conférences. Cela a été pour Louise Jonot l'occasion de le rencontrer et de discuter un peu de la laiterie : il ne reste pas de traces de cet entretien, mis à part une dédicace sur un livre (aujourd'hui disparu comme la plupart des documents originaux sur le sujet). Peut être verrons nous un jour resortir des documents originaux de cette époque !...

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