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La vie d'Henry de Monfreid |

Maison natale d'Henry de Monfreid : la Villa Amélie © Lucien V.
Henry de Monfreid est né sur les bords de la Méditerranée, le 14 novembre 1879, dans une propriété isolée du cap Leucate, à La Franqui, et appartenant à la famille de sa mère Amélie Bertrand. Il est le fils de George-Daniel de Monfreid, un peintre ami de Paul Gauguin, qui côtoie des artistes talentueux comme Aristide Maillol, Degas, Matisse. Il passera son enfance à La Franqui avant de rejoindre ses parents à Paris.
Il fera ses études primaires à l'école Alsacienne (Paris 14ème) et ses études secondaires à Carcassonne, où habite sa mère. Il est très affecté par le divorce de ses parents et prend de la distance avec son père.
Après le BAC, il entre au Lycée Saint-Louis, à Paris, pour préparer les grandes écoles. Il échoue de peu au concours d'entrée à Centrale, ayant renoncé à Polytechnique.
A ce moment le sort s'acharne sur lui : il est exclu de l'internat du lycée Saint-Louis, où il redouble pour repasser le concours. Il se met en ménage avec Lucie Dauvergne, qui attendra bientôt un enfant, Lucien. Il est appelé au service militaire et use de stratagèmes pour se faire finalement réformer. Sans revenus, il place Lucien à l'Assistance Publique, jusqu'à ce qu'ils trouvent un travail à peu près stable. Dès les premières rentrées d'argent, il fera des démarches pour récupérer Lucien qu'il présentera à sa mère sur son lit de mort. C'est là qu'il décidera de lui donner son nom.
Il est très affecté par la mort de sa mère et son oncle en profite pour lui subtiliser son héritage.
Il trouve un premier travail de vendeur de café à domicile, au porte à porte, pour le compte de la société du Planteur du Caïffa. L'expérience est difficile mais il s'en sort bien et est chargé d'organiser ce commerce sur la région de Toulouse, puis dans l'Est.
Il renoue avec son père et entre comme mécanicien dans un garage parisien : l'Automobilium. Il passe son permis et commence un emploi de chauffeur. C'est à ce moment qu'un ami lui propose un poste de chimiste chez MAGGI (Société Laitière Maggi). Après un stage au Laboratoire Central de la Police, il commence comme contrôleur de la qualité du lait ; il sera chargé ensuite de trouver des sites pour l'installation de nouvelles laiteries ; puis il sera responsable de la production de la crème en Normandie et finira producteur de beurre à Fécamp. >
Il s'y installe avec sa famille, qui s'est agrandie avec la naissance de Marcel en 1905, et reprend contact avec la mer. Il achète un bateau qu'il motorise et part pêcher, plusieurs jours par semaine. Il quitte cet emploi en 1909, peut être à la suite d'une fraude, et s'installe à son compte à la Laiterie de Trois-Moulins.
De mauvaises affaires, dues aux inondations de 1910 et à une fièvre contractée après avoir bu du lait de chèvre, le font revendre son affaire. Il part s'installer chez son père à Saint-Clément (Pyrénées Orientales), en emportant les 2 enfants et en laissant Lucie. Il passera un an malade et en convalescence pour cette fièvre de Malte. Il raconte toute cette enfance dans une série de 10 livres : L'Envers de l'Aventure .
Attiré par le goût de l'aventure, il s'embarque en 1912 pour l'Ethiopie, sur les rives de la Mer Rouge, où il mènera une vie très mouvementée, sur terre comme sur mer.
Il se mariera avec Armgart, une fille qu'il a connue chez son père, et aura 3 enfants, qui le rejoindront.
A bord de son bâtiment, l'Altaïr, il commence à explorer les rivages de la mer Rouge où il deviendra, au gré de la fortune, pêcheur de perles, transporteur d'armes, contrebandier de tabac et de hachisch. Intelligent, cultivé, malin, mais aussi humble, il s'est intégré aux autochtones et s'est même converti à l'Islam. Cela lui a permis de vivre dangereusement dans un milieu hostile : la Corne de l'Afrique.
Lors de la première guerre mondiale, qui ruine ses entreprises, il fait de l'espionnage contre les Turcs, au service de la France.

En 1930, Joseph Kessel le rencontre à l'occasion d'un reportage sur le trafic d'esclave en Afrique Orientale, à la limite de l'Arabie. Il s'ensuivra la publication d'une vingtaine d'articles (sous le titre de “ Marchés d'esclaves ”) dans “ Le Matin ” où, pour la première fois, Henry de Monfreid apparaît au public. Une version romancée de ce reportage sortira peu après sous le titre de “ Fortune carrée ”, où on retrouve Monfreid sous le nom de Daniel Mordhom. Sur les conseils de Joseph Kessel, Henry entreprend le récit de ses aventures. En 1931, il publie son premier roman Les secrets de la mer Rouge qui devient un succès de librairie.
Sa notoriété est telle qu'elle inspire Hergé dans une des aventures de TINTIN, Les cigares du pharaon (1932) pour un personnage de capitaine de boutre, trafiquant d'armes.

Chronologie de sa vie (site officiel par ses descendants)
Consulter la notice du musée (pdf) : dépliant 2008 (ou tryptique à imprimer)
On parle assez peu du passage d'Henry de Monfreid à Trois-Moulins, la seule chose qu'on lit généralement c'est qu'il achète une ferme près de Melun ; ce texte est d'ailleurs de lui : ce n'est pas une ferme mais un ancien moulin ; il ne l'achète pas mais il achète le fond de commerce ; les gens confondent souvent une expérience d'élevage de poulets antérieur de quelques années avec ce séjour d'un an, laitier, à Melun. Pourtant cette période d'un an est un moment important, une charnière, mais aussi un échec personnel sur plusieurs points, pas très glorieux : c'est sa dernière période d'entrepreneur en France, c'est un échec professionnel ; c'est pendant les inondations qu'il rencontre, à l'atelier parisien de son père, Armgart qui deviendra sa femme quelques années plus tard ; c'est à ce moment là qu'il quitte définitivement son ancienne compagne Lucie en partant avec ses 2 fils (Lucien et Marcel) ; c'est là aussi qu'il contracte la Fièvre de Malte . En partant de Trois-Moulins, il rompt avec beaucoup de choses pour se retrouver avec son père, avant de démarrer sa Vie d'Aventure .
Toutes ces explications sont données par Henry lui-même dans ses ouvrages.
D'après les lettres, publiées par Guillaume de Monfreid, le petit-fils d'Henry, Lucie se serait marié en 1911, et serait morte dans un accident de voiture.
Lucien, fils adoptif d'Henry, meurt d'un accident de bateau en 1920.
Monfreid n'est jamais revenu à la laiterie ; il est venu à Melun, dans les années 60, à l'époque où il parcourait la France pour donner des conférences. Cela a été pour Louise Jonot l'occasion de le rencontrer et de discuter un peu de la laiterie : il ne reste pas de traces de cet entretien, mis à part une dédicace sur un livre (aujourd'hui disparu comme la plupart des documents originaux sur le sujet). Peut être verrons-nous un jour ressortir des documents originaux de cette époque !...